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 Alexonor "par Music Productive"
Alexonor vient de trouver une distribution chez AMG. Félicitations! L'occasion d'en savoir un peu plus sur ce projet "Quelques Coquines" qui sort officiellement le 19 juin 2004. Alexonor sera, entre autres, en première partie de Art Mengo, le 22 juillet aux Francofolies de Spa.
Comment décrire ton album ?
C'est de la chanson française sur base de musique jazz rock. La plupart des chansons parlent de caractères féminins et portent des prénoms de filles. Ce n'est pas de la provoc machiste mais simplement le résultat de la collaboration avec des stylistes pendant un spectacle qu'on a imaginé l'année passée : les chansons sont assorties aux tenues des mannequins qui défilent pendant le concert. Après ce spectacle, on a retravaillé les chansons pour en faire une version album et on en a créé quelques autres.
Comment es-tu rentré en contact avec Music Productive ?
J'ai fais la connaissance du collectif par internet, en surfant un peu au hasard, parce que vers fin 2003, je voulais faire la promo de mon projet. Ca m'a semblé sympa et surtout, plus "pro" que la plupart des autres sites de promo de groupe "débutants". J'ai envoyé mes info assez rapidement et tout s'est bien passé. Ensuite, lors de l'une ou l'autre réunion à la maison des musiques, j'ai croisé les responsable de Music Productive. Pour l'anectode, pendant une séance de question-réponse sur le thème du rôle des médias en Belgique (rapport au soutien des productions belges), je me rappelle avoir pris la parole en disant qu'il y avait pleins de nouveaux moyens très sympa de se faire connaître et j'ai cité l'exemple de MusicProductive...sans savoir que j'étais assis à côté d'eux.
Qu'est-ce que ça t'a apporté ?
Au moins deux choses très importantes.
D'abord, la visilibité. Le référencement internet est très bien fait parce que - vu la politique du "lien", MusicProductive est très bien classé dans les moteurs de recherches comme Yahoo ou Google. Donc, lorsque quelqu'un cherche "groupe de musique en Belgique", il tombera assez inévitablement sur le site. C'est donc important de s'y trouver lorsqu'on a pas encore de notoriété. C'est comme ça qu'un jour, un journaliste canadien m'a contacté pour qu'on puisse se rencontrer lors de son passage en Belgique. Il avait trouvé mes coordonnées sur le site et il voulait justement faire un reportage sur les groupes non signés en Belgique, pour savoir comment on se débrouillait. Il a choisi quelques groupes au hasard en écoutant des extraits, tous sur MusicProductive. C'est assez amusant de se dire que peut-être que des gens connaissent le projet au Canada alors que même en Belgique, on est encore vraiment pas très loin...
Ensuite, Music Productive travaille en collaboration avec des radios libres, étudiantes et alternatives, ce qui est un premier pied dans le monde de la diffusion. Sans ça, c'est assez casse-gueule d'aller tout seul trouver des programmateurs radios, question crédibilité. Les radios alternatives ont assez bien accueilli le projet quand on a envoyé nos démos début janvier. Je pense en particulier à radio Hellena qui nous a soutenus, invité en interview, poussé pour un concert à Louvain La Neuve, etc... De ce côté, les radios libres en Belgique font vraiment bien leur boulot de découvreurs et méritent des statues, surtout quand on voit les conditions dans lequelles elles doivent travailler. Mais grâce à ces radios, on a généré une demande qui est arrivée aux oreilles de médias plus importants et on a pu trouver quelques passage sur des radios nationales.
Tout est alors plus facile puisque des auditeurs se sont adressés à la FNAC pour avoir notre CD qui n'existait pas encore et quand on est arrivé avec le projet d'album pour un dépôt à la FNAC, ils nous connaissaient déjà.
Quelles sont les autres facteurs qui ont facilité ton succès actuel ? Le premier prix du Franc'off ?
D'abord, il faut bouger, bouger et encore bouger pour faire connaître le projet.
Pour ça, il y a d'abord les concours, bien sûr. Je pense que c'est un excellent moyen de soumettre un projet artistique à la critique d'un jury qui, souvent, connait bien son sujet. Quand on se plante à un concours - je sais de quoi je parle - il ne faut pas hésiter à demander son avis au jury. Ca ne coûte rien et ça permet souvent de corriger le petit défaut dont on a pas conscience et qui énerve sur scène. Mais il ne faut pas en faire une fin en soi ni se décourager. Il a fallu quelques pelles avant qu'on gagne le franc'off l'année passée.
Ca nous a donné des sous pour l'album et beaucoup de crédibilité, c'est vrai, mais après, rien ne bouge si tu restes les mains en poche. Il faut prendre des initiatives et aller à la rencontre des autres. C'est peut-être ce qu'il y a de plus dur parce qu'on est obligé de rencontrer du monde pour "vendre" son projet et que ça fout très malaise de parler de soi. Mais il est faux de penser que les gens du milieu sont fermés, antipathiques ou qu'ils vont te regarder de haut parce que tu n'as pas encore de label ou de distribution. Souvent, les gens que tu vises (labels, radios, etc...) sont vraiment très occupés et n'ont pas le temps de te recevoir. Ils te demandent d'envoyer une démo qu'ils n'écouteront que des mois plus tard s'ils s'en souviennent. Donc il faut essayer de les voir quand ils sont disponibles, c'est à dire par exemple, lorsqu'ils participent comme orateurs à des conférences ou des tables rondes. Pour ça, le Conseil de la Musique et la Boutique Rock sont imbattables. Tous les mois, on y rencontre le monde de la prod ou celui des médias lors de conférences de midi. Non seulement les sujets sont intéressants mais en plus, c'est libre et c'est gratuit. J'y ai vu en une fois et en dix minutes les programmateurs de la RTBF, Contact, Bel RTL, Télé Bruxelles et MCM. Va-t-en les avoir en rendez-vous en téléphonant chez eux! En plus, tu te rendras vite compte qu'ils sont réellement ouverts, contrairement à ce que je pensais avant de les voir. Il y a beaucoup de clichés dans le monde des artistes. Si les radios ne passent pas souvent les artistes non signés, c'est le plus souvent parce qu'ils ne reçoivent tout simplement pas le CD.
Ensuite, il faut surtout ne jamais rester sur un échec. Quand tu essaies de décrocher une prod, une radio ou une distribution, il est normal que tu t'exposes à la critique des professionnels que tu sollicites. Ils est normal qu'ils te donnent leur avis et, selon leurs goûts et la "couleur" de leur boîte, qu'ils trouvent ton projet intéressant ou pas. Avant de trouver ma distribution, j'ai eu au moins 40 refus! Il ne faut pas croire que tu es "brulé" chez ceux qui ont refusé ton CD et que tu ne pourras plus jamais revenir avec un autre projet. C'est simplement parce que ce projet-là ne convenait pas à ce moment pour cette boîte-là. Parfois, c'est simplement parce qu'ils n'ont plus de place ou plus de sous. Il faut revenir un peu plus tard. J'ai eu aussi des contacts très constructifs avec des gens qui ne m'ont pas repris. Chez Distrisound, chez Bang ou chez Viva Disc, par exemple, j'ai chaque fois eu un feed-back. C'était "non" mais je savais pourquoi et je savais aussi que la porte n'était pas fermée. Même chose en radio : Jean-Lou Bertin m'a dit un jour qu'il aimait bien le projet mais qu'il ne le passerait pas sur Contact parce que ça ne correpondait tout simplement pas au public cible de sa radio. Très bien : au moins c'est clair et honnête : personne ne perd son temps et on peut passer à autre chose et ça ne veut pas dire que la porte est fermée.
Trop souvent, je trouve que les artistes se découragent et, soit, commmencent à douter de leur projet, ce qui est dommage, soit - et c'est pire - commencent à critiquer ceux qui ont dit "non" : "dans cette radio ou dans ce label, c'est vraiment des c...". Chacun à la droit d'avoir ses goûts et d'aimer ou pas ce qu'un artiste fait. Ce qui est important pour l'artiste, c'est de continuer à donner ce qu'il aime vraiment. Il y aura toujours un public qui apprécie et qui finira par se manifester, même si ça prend du temps et s'il est limité.
Un conseil au niveau du style de musique ?
Par contre, au niveau démarche artistique, il n'y a aucun conseil à donner. Classique, rock, jazz, hip hop, pop, électro, variété, etc... un projet artistique est tellement personnel qu'il n'y a aucun critère de jugement valable (c'est moins vrai au niveau du producteur : est-ce qu'il vaut soutenir un projet ou est-ce qu'il veut gagner du fric?). La seule chose, c'est que je pense qu'en Belgique, contrairement à ce qu'on croit, un artiste passera plus vite à la vitesse supérieur si le projet sort des standards. Les projets belges calqués sur des formats radios ou de variété n'ont pas beaucoup de chance de rivaliser un jour avec les superproductions : les multinationales jouent sur les mêmes plate-bandes mais avec 100 fois plus de moyens. Où alors, il faut que le Belge soit vraiment exceptionnellement bon. Maurane par exemple : elle doit vraiment être la meilleur voix du monde pour avoir pu rivaliser avec les grands noms de la variété française et canadienne (sans compter qu'elle a aussi des tas de projets qui ne sont pas du tout du "format radio"). En revanche, si on est très alternatif, on peut se permettre d'être moins bon ;-), pardon, je veux dire : plus artisanal. Dans notre CD, il y a plein de petits plantages qu'on entend si on est attentif. C'est parce qu'on a tout enregistré ensemble, sans saucissonner les instruments, et en gardant les petites imperfactions au profit de l'énergie collective (disons plus honnêtement qu'on a eu que 5 jours pour tout faire et que Denis notre ingé-son est un grand sportif). Si ton projet est plus formatté radio, je pense que l'interprétation, la prise, le mix et le mastering prennent beaucoup plus de temps vu que le résultat doit correpondre à certains standards : il faut déjà pouvoir se le payer et tout le monde n'a pas le budget d'Universal.
Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter ?
J'aime assez cette petite phrase de Jo Dassin : que le public qui vient nous voir reparte avec un peu de rêve. ... |
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