photo du groupe Serial Chiller : Il faut oser...
Serial Chiller : Il faut oser...
"par Xavier Burre"

3 MC’s, 2 DJ’s, un bassiste et un technicien. Des jeunes qui veulent innover et sortir du cercle vicieux de la répétition. Serial Chiller aiguise son flow mais refuse de se cloisonner dans la culture hip hop. Découverte d’un groupe différent, sans œillères et qui ne craint pas de s’éloigner des sentiers trop battus.

En 93 déjà ils étaient dans la place. En 98, ils abandonnent le nom d’Ipso Facto pour devenir Serial Chiller. Les membres du groupe se connaissent tous depuis 10 ans. Tous faisaient partie du même cercle d’amis restreint et partageaient d’autres occupations que la musique. Aujourd’hui, Serial Chiller arrive à maturité et veut sortir des clichés bien souvent associés au hip hop. Si d’autres groupes décrivent leur environnement comme un état sans avenir ni possibilités, Serial Chiller refuse de s’enfoncer sur cette voie. « Tout n’est pas si noir si l’on compare avec ce que vivent les populations d’autres pays. » Le groupe laisse l’image des bas-fonds de côté et se définit comme un groupe tout public. Leurs prestations scéniques ont le goût de la fête et lorsque le groupe dénonce des thèmes qu’il estime grave, c’est toujours pour en dégager quelque chose de positif.

Serial Chiller a choisi de se démarquer d’un mouvement qu’il estime frileux. De nombreux groupes s’enferment dans un même état d’esprit au contraire d’innover. « Il faut que les mentalités changent. » Ainsi, le collectif estime que les filles ont également leur place dans leur milieu. Toutefois, si c’est uniquement pour revendiquer quoi que ce soit ou pour laisser penser que le groupe n’est pas composé de macho-caïds, le groupe estime cela ridicule car on retomberait alors dans un jeu où seule l’image compte…
Serial Chiller attend avec impatience l’émergence d’un mouvement belge. Cependant la naissance est difficile. Le hip hop n’obtient quasiment aucune possibilité de passage radiophonique, les portes se ferment devant lui à cause des clichés de drogue et de violence qu’il traîne derrière lui et le mouvement artistique est bien frileux et craint de perdre de l’argent.

Au niveau des compositions, les références sont solides : Goldman, Brel ou Cabrel. Ces célèbres chanteurs sont respectés pour ce qu’ils disent et ce qu’ils parviennent à faire ressentir à leur public. Pour serial Chiller, chaque MC est responsable de ses textes alors que les instrus se travaillent en groupe et passent de l’un à l’autre. La recherche du flow qui fera bouger les têtes se fait plus individuellement. Une fois que les textes coulent, c’est au bassiste d’intervenir. Il compose alors différentes lignes de basse pour chacun des MC’s. Ces variantes donnent plus de vie au morceau, plus de style car le son change en fonction de qui chante. Serial Chiller n’a donc pas d’identité musicale claire, les arrangements varient pour que chaque MC s’y retrouve, le groupe essaye de tout exploiter et d’atteindre l’homogénéité.

Pour le futur, le groupe travaille quotidiennement sur un album qu’il désire harmonieux, peut-être réalisé en collaboration avec de vrais musiciens. Leur objectif est d’être reconnu par le milieu artistique dans son ensemble et pas seulement par la scène hip hop. Ainsi, Serial Chiller n’hésiterait pas à se tourner vers des artistes d’autres pôles pour réaliser des featuring et démontrer que le groupe, ainsi que le mouvement dans son ensemble, ne craint pas les nouvelles expériences et n’est pas insensible ou fermé aux idées neuves. ...
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