 Skarbone 14 : du ska libre pour faire la fête "par Estelle Hittelet"
Il faut les voir sur scène s'agiter, bouger, danser, sauter, balancer leurs cheveux en arrière...Même le trompettiste saute tout en faisant sortir des sons fabuleux de son instrument. Ils, ce sont les Skarbone14. Ils ne sont pas 14 mais juste la moitié. Pourtant à 7, ils savent mettre l'ambiance et réveiller les âmes endormies, comme nous avons pu le constater lors du Festival Musik Alma à Woluwe-Saint-Lambert, le 25 octobre dernier. Un groupe festif donc, qui tire son origine...dans le festif, plus précisément chez les scouts ! Jonathan et Xavier lancent l'idée un peu farfelue de monter un groupe. Après quelques hésitations et le temps de trouver les musiciens à gauche et à droite comme c'est souvent le cas, Skarbone 14 voit le jour en 2001. Avec des influences musicales très diverses (le batteur et le saxophoniste jouaient dans une fanfare, le trompettiste s'adonnait à de la musique de chambre alors que la chanteur exerçait ses talents... sous la douche !). Le ska en toile de fond Mais alors comment le ska a-t-il fait son apparition au sein du groupe ? "Je jouais dans un groupe de ska qui à mon goût n'en faisait pas assez", raconte Jonathan, le bassiste. "Et puis un jour, j'ai vu Mad Caddies à l'Ancienne Belgique et ça a été une révélation". Les autres membres ont rapidement été séduits par l'idée de jouer du ska. "Ce style de musique nous intéressait aussi car il nous permet de chanter en français", estime de son côté Sim, le chanteur. "C'est un moyen de faire la fête tout en s'exprimant librement". S'exprimer librement, voilà qui résume bien le message que veulent faire passer les skarbone à travers leur musique. Les chansons de "Trève de plaisanteries" (leur album sorti il y a quelques mois) dénoncent notre société de consommation, les dérives du capitalisme, tout en égratignant la Madone ou en envoyant les OGM au tombeau. Le tout sur un ton très humoristique et en jonglant d'une manière subtile avec les mots. "On est tous dans des milieux culturellement et humainement engagés qui, par des petites choses, essayent d'améliorer le quotidien de chacun", explique Sim. "On voit qu'il y a des choses qui ne nous plaisent pas dans la réalité et on a tout simplement envie d'en parler. Et avec le ska et son côté fête, il y a moyen de faire passer des messages plus facilement et d'une manière agréable". La culture potagère des skarbone L'armée n'est pas non plus épargnée par Skarbone 14. "Qui pourrait me contredire en disant qu'un monde idéal serait un monde sans armée ?", lance Sim. "Des amis militaires me disent qu'il y a une part de vrai dans ce que l'on dénonce". Toujours est-il que, Skarbone 14 a choisi l'armée comme point de départ de son site internet qui vaut assurément le détour pour son originalité et sa qualité graphique. Le visiteur, après s'être fait tirer en entrant, débarque dans l'univers des skarbone sous la forme... d'un potager ! "C'est un membre de Skeil que nous connaissions et qui venait de terminer ses études en infographie, qui a réalisé le site", explique Sim. Tout est parti de la chanson "Pedro le Haricot" qui dénonce les OGM pour aboutir à un site regroupant les thèmes de l'album. Pour les skarbone, un site web est vraiment une vitrine pour attirer le public et les organisateurs de concerts... ... |