 Guillaume Ledent et Dîne à 4 Orchestra : quand la musique et le texte ne font qu'un "par Estelle Hittelet"
Par ces froides soirées d'hiver, la musique et sa douceur peuvent bien souvent nous apporter un peu de chaleur. C'est avec l'envie entre autres de nous faire passer ces valeurs que Guillaume Ledent et son groupe, Dîne à 4 Orchestra, nous ont convié le 1er décembre dernier à un concert tout intimiste de chanson française au centre culturel Jacques Franck à Saint-Gilles, à Bruxelles. Pourtant, le public n'a pas vraiment répondu à l'attente, une trentaine de personnes tout au plus assistant à la prestation de Guillaume et Cie dans cette fort belle salle. "Depuis quelques mois, j'ai fait le constat que les gens se déplacent de moins en moins pour tout ce qui touche à la culture", se désole Pierre-Yves, le batteur et percussionniste de Dîne à 4 Orchestra. "On dirait qu'il y a une culture de masse qui s'opère où tout ce qui est connu attire toujours plus de sponsors et s'agrandit pendant que les petits centres culturels se vident".
Des thèmes variés
Mais, d'un autre côté, cette désaffection du public ne s'explique-t-elle pas par le trop grand nombre d'artistes de chanson française actuellement, le public ne s'y perd-t-il pas ? "En France, il y a un grand retour, ce style de musique est très défendu mais chez nous ce n'est pas le cas", constate Guillaume Ledent, chanteur et guitariste. "Du coup, nous sommes cantonnés aux petits clubs". Mais cette situation ne semble pas leur déplaire d'autant plus que les textes de Guillaume Ledent se prêtent plus aux ambiances intimistes : il a envie de nous dire des choses, de raconter des petites histoires, lui, si attaché à sa région natale (le Tournaisis). Ses chansons invitent au voyage et c'est avec plaisir que l'on écoute l'origine de chaque morceau. L'un évoque des souvenirs de vacances, l'autre des personnes rencontrées, le troisième une anecdote de fanfare (les débuts de Guillaume dans la musique), le quatrième la défense de l'écologie. On est donc pas étonné d'entendre, dans cette volonté d'être proche du public, une reprise de "Je me suis fait tout petit" de Georges Brassens ou un duo avec Christophe Busson de Transat, sur "Pays fusain", un poème à la base de Paul André.
Une poésie douce et amère
L'ambiance intimiste et chaleureuse tient aussi sa part dans les versions très instrumentales du groupe. Cette manière de jouer doit sa réussite à l'osmose entre Guillaume et ses musiciens. Tour à tour, les percus, le violon ou le violoncelle sont mis à l'honneur. "Un équilibre se fait par rapport à la rencontre initiale entre Guillaume et moi autour d'un projet de jazz", explique Pierre-Yves, le batteur. "Finalement, Guillaume avait tellement envie de développer son projet de chanson française à texte qu'il m'a proposé ainsi, qu'à d'autres musiciens, de le suivre dans cette démarche. De plus en plus, Guillaume amène sa structure avec des arrangements très poussés mais chacun apporte de son univers particulier : Corentin vient purement du classique, Guillaume aime la pop anglaise, Nathalie a une formation de guitare classique mais elle s'occupe aussi des percus cubaines et africaines, etc". Bref, un mélange de poésie douce et amère sur un ton humoristique qui ne demande qu'à être découvert. D'autant plus que le groupe sent qu'il est en pleine mutation... ... |