 Mini-festival rock au Spoorloos : dIPLOMAT, Zaccharia et The Ignition "par Dominique Piérard"
Mercredi 04 janvier 2006. Le Spoorloos, un vieux hangar ferroviaire reconverti en bistrot-concert voisin du Musée de l'Afrique (Tervuren, Bruxelles). Encore occupée par un wagon entier, l'ancienne station est décorée d'un bric à brac issu d'un passé révolu. De vieilles plaques métalliques avertissent "Haute tension, danger de mort" et "Tension de service : 5000 V" : bigre, ça va chauffer !
Une poignée de titres pour un maximum d'impact
dIPLOMAT ouvrira la soirée avec un set court, percutant et tout à fait concluant. Un exploit pour ce jeune groupe débutant avec une excellente première demo. Le rock brut du quatuor impressionne le public coincé entre le bar et la petite scène étagée, le groupe étant d'ailleurs très cohérent. Fabrice (Dubard, voix & guitare) nous confiera pourtant "rester dans sa bulle pendant le set, sans toujours se rendre compte des indications données par notre Manager". Issu d'un précédent groupe plus "pop-limite-fleur-bleue", il tient ses lignes de chant d'une voix claire et jusqu'au bout, semblant ne pas s'essoufler : un très bon point ! La charmante Sophie (basse), l'énergique Pierrick - le dos très droit derrière ses fûts, et le nouveau guitariste Gaëtan complètent une formation qui promet beaucoup. Et Marie (Mélotte, Manager) précisera : "avec si peu de titres, pour l'instant nous ne pouvons qu'ouvrir pour d'autres mais les sessions portent leurs fruits et nous visons la douzaine de compos d'ici peu". dIPLOMAT ressemble fort à un nouvel espoir de la scène bruxelloise !
L'émotion à fond les guitares
Zaccharia prendra le relais dans une ambiance sonore épaissie avec son rock-metal-hard-emo-punk-core (le groupe a déjà tourné avec Sepultura !) : les guitares et les voix sont rauques, le ton enlevé et rugissant tout en restant accessible et même encore "pop" (vitaminée). Un premier CD complet ("Divorce") sous le bras et à la veille d'une tournée en Europe, Vinc (Kemp, basse) nous dévoilera "être vachement excité d'aller jouer à l'étranger car la Belgique est maintenant devenue trop hermétique au hard-core. Notre but est de nous amuser sur scène, de nous donner à fond et de faire vibrer le public car c'est vraiment pour cela que nous faisons du rock". Et Imran (Siddiqi, guitare & voix) confirmera : "peu importe la configuration de la salle où nous jouons : tu vois ce soir c'est une petite, demain ce sera une plus grande. L'important, c'est l'émotion dégagée !". En l'occurence, c'est de chaleur qu'il s'agira : en témoignera la ferveur des quelques fans présents, parmi lesquels un certain Thomas (The Ignition) qui rejoindra amicalement le groupe pour un titre fougueux.
"Un petit concert sympathique pour évacuer le stress du blocus"
L'énergie de The Ignition, quintet rock-ado mené par Marie (Gilles) et Thomas (Hunter) aux voix, sera catalysée par une section rythmique très performante pour son jeune âge. Une sono un rien défaillante et des lieux exigus tempéreront à peine l'ensemble, le but étant d'ailleurs de s'amuser : "on n'avait pas d'idées précises du déroulement de la soirée et finalement nous avons joué en dernier mais il n'était pas prévu que les autres groupes jouent avant nous, ce fut même difficile de jouer après le set d'enfer de Zaccharia" avouera Quentin (Joris, batterie). "Pour ce qui nous concerne, en tant que jeune groupe (d'étudiants), la principale difficulté est peut-être le temps car certaines périodes nous paralysent un peu" poursuivra t-il. Le groupe travaille de nouveaux morceaux qui apparaîtront sur son futur premier album, lequel verra le jour un peu plus tard que prévu car "les producteurs ont retardé mais nous avons décidé de commencer à travailler avec quelqu'un d'autre" nous confiera encore Quentin. Le même poursuivra : "on essaye de travailler un maximum de nouveaux morceaux même si on n'a pas toujours l'occasion de les jouer sur scène". Gageons que l'album apportera cependant son lot de (bonnes) surprises ? ... |