 Concours Circuit : du suspense jusqu’au bout "par Estelle Hittelet"
Et voilà, c’est fini ! L’édition 2006 du concours Circuit, version pop-rock et dérivés, s’est refermé ce samedi 16 décembre au Botanique. Après de nombreux concerts aux quatre coins de la Wallonie, l’ultime manche réunissait Bern Li, Fractional, The Big Hat Band, The Peas Project, We are not Flowers et William Street. Bien malin qui pouvait s’avancer sur un quelconque pronostic tant les styles musicaux présentés étaient diversifiés (rock, folk, électro…) et les groupes de qualité. C’est finalement The Big Hat Band qui décroche la première place et le prix la Chapelle. Salade aux lardons et sauce liégeoise Pour voir les 6 concerts, il fallait toutefois se presser entre l’Orangerie et la Rotonde, car une fois un set de 25 minutes terminé, le suivant commençait quelques minutes après dans l’autre salle. Le premier groupe à se lancer à l’eau fut We are not flowers. Un duo sax-guitare acoustique (avec l’aide d’autres instruments, dont une grande caisse) pour le moins décalé avec des textes pris en dérision et une musique teintée d’humour. On aime ou on n’aime pas mais les deux membres de Funk Sinatra (par ailleurs sélectionnés lors de ces même éliminatoires du concours) ont le mérite d’apporter un vent de fraîcheur sur le concours. Il faut oser cuire son omelette-lardons sur la scène et utiliser des baguettes comme couverts à salade. « En concert, nous donnons tout ce que nous avons dans le cœur et tout ce qui nous passe par la tête », explique Anne, venue voir The Peas Project plus tard dans la soirée. Changement de style et de salle pour le set suivant ; celui de Bern Li. L’enchaînement des « tours » lors d’un tel concours peut conduire à la répétition mais force est de constater que le groupe de rap liégeois a bien progressé depuis les éliminatoires de Verviers. Les morceaux sont certes les mêmes mais ils ont fait l’objet d’améliorations dans les arrangements et le tout a bien plus fière allure. On a l’impression que Bern Li a cette fois plus de soutien au chant. On regrettera juste une fois ou deux des hésitations dans le texte mais cela n’a pas empêché le quatuor de décrocher une place au festival de Dour et à la Boutik Rock. La finale se poursuit ensuite à la Rotonde où la musique intimiste de William Street se prête bien à l’ambiance de la salle. Un public venu nombreux applaudir la folk-country de cet Alsacien. Les morceaux n’ont pas beaucoup évolué depuis les éliminatoires mais on retrouve avec plaisir « After midnight guy » ou «No way out » et le public reste impressionné par la manière dont William jongle entre sa guitare et les loops. Malgré quelques petites erreurs techniques pardonnables, il méritait assurément un prix, en l’occurrence celui des auditeurs de Pure FM. Décision difficile à prendre Suivra un set plus en phase avec l’intitulé du concours ; celui de The Big Hat Band (en photo). Composé de deux Belges et deux Ecossais, ce groupe de « garage » rock a bien dépassé le cadre des répètes dans la cave. Après avoir fait la première partie des Australiens de Powderfinger et des Kooks, le quatuor apporte une nouvelle dynamique au rock n’roll moderne. Dynamique, c’est bien le mot qui convient pour décrire la prestation du groupe. Ajoutez à cela un très bon batteur, un chant anglais de qualité et voilà quelques raisons de la victoire finale de The Big Hat Band, dont on entendra certainement encore parler. Après les riffs de guitare, place à l’électro planant de Fractional. Seul aux manettes, Pierre, de son prénom, joue entre son PC et sa console de mixage. Pas spécialement besoin de regarder l’artiste car sa musique se prête plus à l’écoute, et nous invite même à fermer les yeux et à se transporter dans un univers où le son devient de plus en plus puissant et sophistiqué au fil du temps. La place en finale de Fractional montre en tous cas que les musiciens électro ont leur chance dans ce genre de concours. The Peas Project est la dernière formation à entrer en scène. Comme lors des tours précédents, ce groupe de jazz/funk se montre assez impressionnant. Aussi bien par l’armada de musiciens (une bonne dizaine dont trois trompettistes) que par la cohérence des morceaux. Mention spéciale à « Te Quiero mis à mort » et sa belle émotion. Malgré la qualité d’ensemble, on peut regretter un sentiment de « gigantisme ». La victoire finale s’est sans doute jouée à pas grand-chose. The Peas Project décrochant la deuxième place. ... |