 Puggy, un parcours fulgurant "par Estelle Hittelet"
Pour ce premier article de ce tout nouveau webzine, il nous paraissait intéressant de consacrer un portrait à un des groupes belges les plus en vue de ces derniers mois. En faisant la connaissance des membres de Puggy, leur mixité internationale saute directement aux yeux. En effet, Romain (basse) est né outre-quiévrain, « Ziggy » (batterie) vient de Suède et Matthew (guitare, chant) a grandi sur les terres des Beatles. Le tout en étant basé à Bruxelles, ville multiculturelle par excellence. C’est pourtant à Anvers, en 2004, que la belle aventure a débuté. Romain, qui connaissait déjà Ziggy, rencontre Matthew au Jazz Studio et lui présente ensuite le batteur. Très vite, la sauce prend. Nourris d’influences musicales très diverses, les trois joyeux lurons se mettent rapidement à composer. Les premiers pas en Angleterre Lorsque la base de travail est là, le plus dur reste souvent à faire : se faire un nom. Ce qui attire d’emblée l’attention au sein de Puggy, c’est ce côté acoustique mais aussi énergique, des compositions. « Cette démarche provient du fait qu’au début nous jouions souvent dans des bars, avec une formule instrumentale légère », explique Romain. « Nous avons conservé cette structure car elle présente des avantages entre autres pour les déplacements ». Très vite, une première démo voit le jour. Tout s’enchaîne ensuite pour le trio qui se fait remarquer par un manager anglais qui les invite à se produire en 2005 dans les prestigieux festivals de Leeds et de Reading, en Angleterre. Une expérience qui s’avéra enrichissante sur le plan musical. « En Angleterre, un public de 600 personnes ne vient pas spécialement pour te voir, il faut donc le convaincre rapidement² », note Matthew. « Il faut également se montrer d’emblée très professionnel et respecter les timings impartis ou sinon on n’hésite pas à te jeter dehors ». Une série de circonstances favorables La rencontre avec Steve Lillywhite sera également déterminante dans le parcours du trio. Une main heureuse envoya entre autres la démo du groupe au producteur de U2, venu les voir et les conseiller lors d’un concert à Londres. Sur base d’un nouveau son expérimenté dans la capitale anglaise, Puggy se rend chez le label indépendant Talkieo. Le premier single « The luckiest crime » constitue la trame de leur premier album « Dubois died today », sorti en mai dernier. Un album composé de morceaux accrocheurs, très mélodiques, teintés d’humour et qui invitent à bouger. Un constat qui se vérifie en concert où le groupe donne le meilleur de lui-même, que ce soit lors d’un petit festival bruxellois ou dans une salle renommée à l’étranger. L’énergie de Ziggy, la sobriété de Romain, l’efficacité de Matthew et leur personnalité ont sans doute contribué à attirer l’attention d’Incubus. Tout part d’un mail envoyé par le manager du groupe américain. « Nous avons d’abord cru à une blague », rigole Romain. Mais c’était bien une proposition pour assurer la première partie de leur tournée européenne : Barcelone, Milan, le Zénith de Paris ou la Brixton Academy de Londres, excusez du peu ! Après la quinzaine de concerts, les trois potes nous racontent qu’ils ont vécu une expérience incroyable aux quatre coins de l’Europe. « Nous avons beaucoup voyagé mais tout s’est finalement très bien passé », dit Romain. Puggy s’est produit devant 3000 personnes comme en Espagne par exemple pour des sets de 30 minutes mais aussi devant 6000 personnes en Angleterre avec 45 minutes pour convaincre. Et le moins que l’on puisse écrire, c’est que le trio bruxellois a fait forte impression auprès des médias et webzines anglais notamment, d’après les échos reçus par les trois musiciens. Un avenir qui semble désormais sur la bonne voie, avec une récente première partie des Smashing Pumpkins le 6 février à Bercy (Paris), une tournée dans pratiquement toute la France aux côtés du groupe rock Fiction Plane ce mois de mars et une présence au festival du Printemps de Bourges le 18 avril prochain ! ... |